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DES MOTS
Des
mots comme des caresses qui marchent à
côté d’nos
souliers, des mots parfois maladresse, bien
plus souvent pour gaucher. Des mots fuyant sur les toits, rasant les
murs penchés, des
mots comme des caresses, là juste à la pointe de
nos
pieds ! Des
mots dans le vent, deux qui se touchent, un qui ment. Des
mots sourds, malentendants et pourtant avec un peu d’humour
on fait
des miracles ! Des
mots qui feulent, des mots qui bug, des mots sans voix, des mots cent
fois. Des
mots crac, des mots crûs, des mots sombres, des qui
n’intéressent personne, des à
tête chercheuse,
des qui donnent la nausée, des mots de voleuse dans une rue
abandonnée. Des
mots, va-t’en comprendre pourquoi ? Des
qui servent à rien, des qui crèvent de trouille,
des
mots sans carrosse ni citrouille, des qui font
juste de toi à moi. Des mots rabatteurs, des racoleurs, des
sournois : une seule loi, et moi, et moi
! Des mots comme on en voudrait, des mots qui ne s’entendront
jamais, des mots parleront demain
peut-être, des mots encrés dans notre
être. Des
mots coulés dans du charbon du fin fond des
forges de la Terre, des mots : cent bombes nient omission, à
faire rougir un grain de poussière. Des
mots de brique et de bloc, des mots qui flaquent et qui vrillent, des
mots senseurs, clinquants, pompeux,
saturés. Des révérences, des danses,
des transes
à te rabattre le caquet. Des
mots, l’essentiel est dans nos rêves
mortifères,
l’essentiel est dans nos sangs-firmament, la
tête dans le ciel, les pieds sur la terre, mots
s’effacent à
tire-d’aile, à renaître d’une
cendre on
finit par s’aimer. Dans nos agendas, sur nos calendriers, sur
l’aile chaude d’un oiseau, sur une
table de bistrot des mots, chuchotés : viens bâtir
à
mon oreille, des mots susurrés comme… Des
caresses, qui marchent à côté
d’nos souliers,
des mots parfois maladresse, bien plus souvent pour
gaucher. Des mots fuyant sur les toits, rasant les murs
penchés,
des mots comme des caresses, couchés
sur le papier, là, juste à la pointe de nos pieds
!
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