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ÉCLIPSE
Il
n’est pas pire amour que celui qui affronte les
tempêtes, Il
n’est pas pire amour que celui qui n’ose construire
pierre après
pierre, Il
n’est pas pire amour que celui qui serre, serre le coeur,
enferme
le corps et la tête, Il
n’est pas pire amour. Ô…
que je ne puisse vous dire, vous dire que sans vous, Sans
savoir de vous, le néant n’absout… Que
suis-je dans l’ombre ? Une
éternité m’attache à vous. Les
murs que je rase de la cour où j’arpente Même
un labyrinthe même, a plus d’éclat ! Les
oiseaux qui mêlaient jadis leurs chants se taisent, Nos
voix désormais en mille bris de verre, Le
soleil brûlant, les nuits glaciales, Le
vent desséchant aux larmes, Et ces
cordes de violons désaccordées ! Il
n’est pas pire amour que cette pire espèce, Il
n’est pas pire amour que celui qui hante par le vide Sans
que jamais ne s’échappe un seul cri, Il
n’est pas pire amour. Qu’on
éteigne les lumières, qu’on brise la
nuit, Que
disparaissent toutes ces images en son qui me reviennent, Que
cesse le bruit qui déferle dans ma tête, Qu’on
rallume des feux, Que
rugisse cette mer qui nous sépare, Que
nos ans disgracieux détruisent les barrages, Que
les montagnes se soulèvent, Nous
n’avons pas fini ! Il
n’est pas pire amour quand se meurt le chant d’une
sirène, Il
n’est pas pire amour que celui qui se retourne et contemple
les
jours de fêtes, Il
n’est pas pire amour que celui qui fut et ne sera jamais plus
: Comme
deux gens qui s’aiment, Jamais
plus deux gens qui s’aiment, Jamais
plus qui sèment, jamais plus.
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